L'Art de perdre d'Alice Zeniter




L'Art de perdre

Alice Zeniter


Flammarion
512 pages


4ème de couverture :


L'Algérie dont est originaire sa famille n'a longtemps été pour Naïma qu'une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ? Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu'elle ait pu lui demander pourquoi l'Histoire avait fait de lui un "harki". Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l'été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l'Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ? Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l'Algérie, des générations successives d'une famille prisonnière d'un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d'être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.


mon avis :  un des meilleurs livres de la rentrée parmi ceux que j'ai lu. Un livre comme je les aime, qui nous fait découvrir une page de l'histoire à travers 3 générations. Naïma est née en France et son grand père, aujourd'hui décédé, ne lui a jamais parlé de l'Algérie qu'il a quitté avec sa femme et ses enfants en 1962. Un passé lourd, un silence pesant, à 30 ans, Naïma ne sait pas où est sa place, ni d'où elle vient. Qui est-elle ? Et son grand père ? héros ou traitre ? 

"Choisir son camp n’est pas l’affaire d’un moment et d’une décision unique, précise. Peut-être, d’ailleurs, que l’on ne choisit jamais, ou bien moins que ce que l’on voudrait. Choisir son camp passe par beaucoup de petites choses, des détails. On croit n’être pas en train de s’engager et pourtant, c’est ce qui arrive. Le langage joue une part importante. Les combattants du FLN par exemple, sont appelés tour à tour fellaghas et moudjahidines. Fellag, c’est le bandit de grand chemin, le coupeur de route, l’arpenteur des mauvaises voies, le casseur de têtes. Moudjahid, en revanche, c’est le soldat de la guerre sainte. Appeler ces hommes des fellaghas, ou des fellouzes, ou des fel, c’est – au détour d’un mot – les présenter comme des nuisances et estimer naturel de se défendre contre eux. Les qualifier de moudjahidines, c’est en faire des héros."



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